Compétition et comparaison : deux pièges de l’égo de bien des parents

podiumDe nombreuses conversations récentes avec mes amies m’ont fait prendre conscience à quel point nous comparons nos enfants et, même si c’est involontaire, nous les plaçons dans une espèce de compétition malsaine qui n’a pas raison d’être. Quelle source d’anxiété, à la fois pour les parents et pour les enfants!

Je vous avais partagé dans un précédent article l’arrivée de ma fille et mon besoin d’être en parfait contrôle de la situation, chose impossible, évidemment. Au fil des mois, ce besoin de contrôle s’est transposé sans que je m’en rende compte et je suis tombée dans un autre piège, celui de la comparaison. Au fur et à mesure de son développement, je m’assurais que ma fille « suivait les étapes ». Je peux même affirmer que mon petit égo se sentait bien fier quand elle était plus rapide, et à l’inverse, menacé quand elle était en retard. Tout ça bien involontairement, évidemment.

Dans une société où l’on est constamment bombardés d’informations, c’est très facile de tomber dans l’angoisse de savoir si notre enfant est « normal ». Encore pire quand notre mur Facebook est rempli d’amis qui ont tous des enfants du même âge et qui vantent les prouesses de leur progéniture à coups de vidéos et de WOW! C’est extrêmement facile de tomber dans un piège de comparaison et de compétition.

Tout est tellement catégorisé maintenant que notre enfant DOIT être dans le moule, sinon on lui colle rapidement une étiquette. Moi-même je me suis surprise à me demander si ma fille développerait un trouble d’attention puisqu’elle n’écoutait pas du tout les consignes du professeur de danse… à 3 ans! J’ai une amie qui s’est inquiétée de savoir si sa fille était autiste parce qu’elle repoussait parfois les contacts physiques. Une autre qui affirme avoir un garçon hyperactif et qui agit déjà comme s’il avait été diagnostiqué. Comparer, mettre en compétition et donner une étiquette aux enfants est rendu normal, presque banal. Pourtant, c’est un tort qui blesse et marque.

J’ai réalisé à quel point une petite inquiétude banale de maman pouvait créer une angoisse énorme à son enfant quand je me suis observée nommer à mon amie à quel point je trouvais que sa fille était bonne d’écrire son nom au complet à 4 ans parce que ma fille, elle, n’avait aucun intérêt pour les chiffres ou l’écriture. Tout ça bien sûr devant les petites oreilles de ma cocotte. En soirée, m’a fille m’a nommé les chiffres de 1 à 10 pour me prouver qu’elle aussi savait compter et obtenir une rétroaction de fierté de ma part. Mais au lieu d’être totalement heureuse de son succès, j’étais réellement triste. Je prenais conscience de l’impact de mes paroles et je voyais que j’étais en train de créer exactement ce dont j’essaye moi de me débarrasser depuis des années : le besoin de plaire en étant parfaite selon les attentes extérieures des gens que j’aime au lieu d’être parfaitement moi-même.

À ce moment, je me suis assise avec ma fille et je lui ai expliqué quelque chose de très important. Même si elle n’a probablement pas tout compris, l’essentiel a été ressenti.

« Mon bel amour, maman est désolée. Tu sais quoi? Tu n’as que quatre ans et toute une vie pour apprendre à écrire et à compter. Maman est fière que tu sois une petite enfant enjouée, qui possède plein de belles qualités et de forces à explorer. Tu es parfaite ainsi. Tu n’as pas besoin d’être comme personne d’autre, car tu es toi-même et tu es la plus belle personne au monde. Je t’aime comme tu es et le plus beau cadeau que tu puisses faire, à toi et à moi, c’est de continuer d’être toi, sans changer. Je suis et je serai toujours fière de toi. »

La vie de parent est ponctuée de pièges. Notre petit égo d’humain a besoin de se rassurer et la rapidité de la vie fait que parfois, on n’en prend pas conscience sur l’instant de l’impact de nos attentes déraisonnées. S’en rendre compte est un grand pas et d’être capable de se réajuster auprès de notre enfant est un grand cadeau puisque nous pouvons tous les deux grandir dans cette expérience. Soyons indulgents envers nous-mêmes, car nous faisons tous notre possible. Permettons-nous et permettons-lui surtout d’être parfaitement imparfait. Chacun à son rythme, chacun avec ses forces et chacun avec ses défis. Car au fond, quel est l’intérêt de se fondre dans le même moule?

Qui est Véronique Clément ?

Véronique-ClémentVéronique a elle-même été élevée par des parents conscients. Aujourd’hui, elle tente à son tour d’accompagner sa jeune sage dans cette belle aventure qu’est la vie. Ensemble et en famille, elles continuent de grandir et de s’apprendre mutuellement, dans l’amour et le respect. Véronique est une femme qui aime foncer et relever des défis en inspirant les gens à rêver et à se réaliser à leur tour. Visiter le site Internet de Véronique Clément.