Je (ne) suis (pas) une super maman

Je ne suis pas une super maman,
Et j’en ai parfois marre de tous les conseils.

« Tu as une enfant hypersensible ». Je sais.
« Elle est dans l’émotion pure ». Je sais.
« Tu dois descendre dans ton cœur ». Je sais.
« Ne surtout pas embarquer dans une guerre de pouvoir des égos ». Je sais.

Calme…
Respire…

Des fois, malgré tout, il n’y a rien qui marche.

J’ai un lion ascendant lion qui a une chevelure en crinière de lion et le roi de la jungle n’a pas dit son dernier mot.

Je suis branchée sur mon cœur et il saigne parfois de désespoir. Je perds très rarement patience, mais je perds mes moyens. La bonne méthode, je ne la connais pas, même si j’en ai essayé plusieurs. Et à me faire conseiller sur les mille façons d’agir pour une communication sans crises avec mon enfant, j’ai le tournis. Mon instinct m’a abandonné. La seule chose qui reste, c’est l’amour que j’ai pour toi, ma fille.

Malgré les crises.
Malgré l’acharnement.

Je sais qu’en quelque part, c’est ta manière d’apprendre et de tester la vie. Et cette petite épreuve, tu dois la surmonter car il y en aura des grandes, des beaucoup plus grandes que le fait de ne pas pouvoir mettre LE chandail que tu voulais, car il est au lavage. Mais ce matin, pour toi, la catastrophe est véritable, elle est intense, elle déchire…

Je ne suis pas une super maman. Je n’ai pas de super pouvoirs. Je fais de mon mieux et parfois ce n’est pas assez pour éviter le tsunami de colère qui s’élève en toi. Ce matin, tu es partie pour la garderie à -2 C en hurlant, les bottes dans les mains parce que tu refusais de les mettre. Ça faisait un bon 45 minutes d’ailleurs que tu hurlais…

Parfois, ça passe rapidement.
Parfois, on dirait que l’ouragan fait rage en toi et qu’il n’y a rien pour l’arrêter.
Quand c’est possible, j’attends que ça passe, branchée sur mon cœur et remplie d’amour. Mais ce matin, j’ai dû te laisser aller trouver toi-même la force de surmonter la tempête, car il y a des matins comme ça, où l’on n’a pas le choix.

Ton égo expérimente le besoin de contrôle et je sais qu’il est très fort. Je ne joue pas ce jeu, désolée.
Mon cœur de maman trouve ça bien difficile, et la foutue culpabilité a tendance à venir me saluer un peu trop souvent.

Mais ce matin, j’ai quand même l’impression d’avoir agi de la bonne façon.

Les voisins ont peut-être pensé que tu étais battue;
Les parents de la garderie auront peut-être un regard de jugement sur le fait que tu n’es pas habillée pour l’hiver et que tu n’es pas peignée;
L’éducatrice aurait probablement préféré que je garde la crise à la maison;
Mais c’est la vie, ça aussi.

Tout ce que j’espère, du plus profond de mon cœur, c’est que cette période intense avec toi en petite enfance soit la clé pour que tu puisses vivre une belle adolescence.

Mais des matins comme celui-ci, je suis inquiète…
Je doute…
Et je me réconforte en me disant que je fais vraiment mon possible et qu’au fond, c’est ça le plus important pour être une bonne maman.

xox